¤ Hero Corp – Saison 4 (Simon Astier, 2015) ●●●○○

Quatrième saison d’aventures pour John, Klaus, Stan, Mike et toute la bande de super-héros-bras-cassés. Dans quelles embrouilles les retrouverons-nous cette fois ? Une chose est sure, le dieu Hypnos sera bel et bien de la partie…

Difficile d’égaler le génie des deux premières saisons. Ceci dit Simon Astier et ses co-scénaristes corrigent enfin les maladresses de la saison 3, et proposent quelque chose de nouveau. C’est plus mystérieux, plus sombre, et mieux travaillé. On sent que le cadet Astier se cherche un peu et qu’il s’inspire des travaux de son grand frère. Mais on apprécie toujours autant l’humour et l’interprétation totalement décalée qu’offre son casting.

¤ 13 Reasons Why – Saison 1 (Brian Yorkey, 2017) ●●●○○

Alors qu’il rentre un soir du lycée, Clay découvre sous son porche 13 cassettes audio enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est suicidée quelques semaines plutôt. Il ne le sait pas encore mais sur ces cassettes se trouvent les 13 raisons qui ont poussé l’adolescente à renoncer à la vie pour se donner la mort…

C’est un sujet fort que propose Brian Yorkey avec l’adaptation du roman de Jay Asher. On ne parle que trop peu du harcèlement scolaire en littérature ou au cinéma. Et quand c’est fait avec autant de justesse il faut saluer l’effort. C’est avec un regard tendre et bienveillant que les scénaristes décortiquent l’adolescence et ses maux, nous mettant face à sa cruauté, à son hypocrisie, mais aussi à la naissance de l’amour et de l’amitié. C’est douloureux. Mais c’est beau. On regrettera seulement que la narration en puzzle, un peu trop éclatée, s’enferme dans un schéma si répétitif qui pourra provoquer une certaine lassitude chez le spectateur.

¤ Split (M. Night Shyamalan, 2017) ●●●●●

Kevin souffre de troubles dissociatifs de l’identité. Il a déjà révélé 23 personnalités différentes à sa psychiatre. Alors qu’une nouvelle identité est sur le point de naître, le corps et l’esprit de Kevin deviennent le théâtre d’une guerre entre toutes ses personnalités.

Je retrouve là le M. Night Shyamalan que j’aime tant. Il avait déjà pointé le bout de son nez avec The Visit, mais il fait avec Split son grand retour sur le devant de la scène. Le réalisateur signe ici un film magistral, à l’intrigue parfaitement ficelée et à la mise en scène envoûtante. On est surpris et troublé par tant d’audace. Et par la prestation hors-norme et polymorphe du divin et terrifiant James McAvoy. On applaudit et on en redemande !

¤ Ma Loute (Bruno Dumont, 2016) ●●●●●

Été 1910. Baie de la Slack, dans le Nord de la France. De mystérieuses disparitions mettent à mal tout le littoral. Deux inspecteurs aussi improbables qu’incompétents mènent l’enquête. Et au cœur de tout ça, Ma Loute, fils d’un pêcheur local et Billie, de la riche famille lilloise Van Peteghem découvrent les premiers émois de l’amour.

Ce n’est pas nouveau. J’aime d’amour le cinéma de Bruno Dumont. Et depuis quelques années, j’aime encore plus ses choix et la tournure qu’il donne à sa carrière. Ma Loute est en ce sens la consécration du génie de son réalisateur. D’un homme capable de mettre le burlesque le plus fou et décadent au service de la tragédie la plus glauque et miséreuse. Ma Loute est en ça, brillant d’un bout à l’autre. Tantôt réaliste. Tantôt surréaliste. C’est un film carnivore et féroce. Qu’on n’oubliera pas de si tôt. Transcendé par une interprétation unifiée entre ses acteurs amateurs et professionnels. Bref Ma Loute touche du doigt la perfection !

De Films en Aiguilles – Avril 2017 #02
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4 pesnées sur “De Films en Aiguilles – Avril 2017 #02

  • 22 juin 2017 à 12 h 03 min
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    Je n’ai pas ressenti de lassitude devant 13 reasons Why. Aprés je ne regarde qu’un épisode par jour donc c’est peut-être ça aussi. Peut-être que le mode de consommation des séries influe aussi sur le ressenti… De tout façon ça reste excellent ET important comme tu le dis si bien !

    Moi j’aime bien le After Earth de Shyamalan donc il avait déjà commencé un retour à ce moment là pour moi, même si ça ne ressemblait pas forcément à son cinéma habituel. Et j’ai adoré Split. Et McAvoy, constamment à la limite du surjeu, mais jamais dedans. Bel exploit !

    Ma Loute a été une super surprise quand je l’ai vu. J’avais des doutes entre ceux qui le détestait et ceux qui l’adorait. Moi je l’ai adoré^^. En plus de ce que tu as déjà dit, il est incroyablement drôle par moment !

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    • 24 juin 2017 à 9 h 44 min
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      Lassitude est peut être un terme un peu fort. Mais disons que dans sa forme, la série ne réserve aucune surprise, et que la mise en scène au bout de treize épisodes finit par être un poil paresseuse. Contrairement par exemple à des séries comme How to get away with murder qui te surprenne visuellement d’un bout à l’autre.

      After Earth est le seul Shyamalan que je n’ai pas vu. J’ai de gros a priori sur ce film, qu’il va falloir que je dépasse…

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