« J’ai prouvé qu’il n’y avait aucune différence entre moi et les autres. Une seule mauvaise journée peut suffire à aliéner le plus normal des hommes. Voilà le décalage entre moi et le reste du monde : une seule mauvaise journée. Vous en avez vécu une vous même… N’est ce pas ? Mais oui, et elle a tout chamboulé dans votre vie. Sinon vous ne vous déguiseriez pas en rat volant. »

Je ne lis pas des comics aussi souvent que je le voudrais. Pour la simple raison que j’en ai finalement très peu dans ma bibliothèque. En revanche quand on m’en conseille un. Un bon. Un très bon. Et qu’en plus on me le prête, je ne peux décemment pas passer à côté de la découverte. C’est un peu ce qui est arrivé avec Killing Joke. Et quelle claque je me suis prise !

Un soir de pluie, le Chevalier Noir se rend à l’hôpital psychiatrique d’Arkham pour y rencontrer le Joker. Sa venue n’a rien d’une visite de courtoisie, Batman souhaite discuter avec son ennemi juré, afin de le confronter à la réalité et le faire sortir coûte que coûte de sa folie. Mais une fois sur place, rien ne se passe comme prévu. Un seul constat face à tout ça : le Joker s’est échappé et il prépare une nouvelle blague diabolique…

Qu’on se le dise, The Killing Joke n’est clairement pas une bande dessinée où Batman est le personnage principal. Ici tout tourne autour de son antagoniste : le Joker. Alternant au fil des pages le passé et le présent, Alan Moore revient sur la genèse de son personnage le plus triste et le plus torturé. Il ne légitime jamais ses actes, mais leur cherche une signification dans une ancienne vie brisée qui reviendrait le hanter. Donnant ampleur et subtilité à ce qui pourrait n’être qu’une mauvaise blague orchestrée par un fou.

En découle beaucoup de violence, mais attention si le scénariste pousse l’horreur assez loin, il ne prend pas pour autant à chaque fois le parti de l’illustrer. Il montre certes bagarres, blessures par balles, mais suggère aussi d’autres choses plus indicibles. Et c’est là toute la force de l’ouvrage. Et c’est également là tout le sujet du comics en question.

Visuellement, c’est sublime. Brian Bolland propose un dessin plein de modernité pour les années 1980. Aujourd’hui encore son trait reste actuel et frôle l’intemporalité. La colorisation pour la ressortie de l’album confère aux dessins une touche légèrement pop qui tranche sur les grands aplats en noir et blanc.

En bref ! C’est beau. C’est profond. C’est subtil. C’est viscéral. Et je ne peux que le conseiller à tous les adeptes des comics en général, et de ceux du Chevalier Noir en particulier.

Batman : The Killing Joke, Alan Moore et Brian Bolland

72 pages / 13 €

ISBN : 9782809409642

Panini France, 2009

Batman : The Killing Joke – Alan Moore & Brian Bolland
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8 pesnées sur “Batman : The Killing Joke – Alan Moore & Brian Bolland

  • 7 juin 2017 à 8 h 32 min
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    Je n’ai toujours pas lu de Batman alors que c’est un personnage qui m’intéresse beaucoup. Je commencerais quand je serais à jour sur Deadpool^^.

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  • 7 juin 2017 à 13 h 50 min
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    Il me plait Batman. Il n’a pas de super pouvoir et en plus c’est une âme sombre et torturée comme j’aime.

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  • 7 juin 2017 à 21 h 57 min
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    Je ne lis pas assez de comics non plus mais pas certaine de me lancer sur celui ci malgré ton bel avis…! 😉

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