« Un irlandais ne renonce à la musique et à la poésie

que lorsqu’il a les deux pieds dans la tombe. »

Irlande, Comté de Galway, 1846.

Keira est la fille unique d’une petite cuisinière irlandaise. Arthur est le fils aîné d’un grand propriétaire anglais. Rien dans la vie n’aurait dû les réunir. Et pourtant, ils s’aiment. Mais quel avenir peuvent-ils construire ensemble, s’ils sont les seuls à croire en leur histoire ? Qu’en sera-t-il s’ils doivent se mettre leurs familles respectives à dos pour vivre cette idylle ? Et surtout comment survivre sans le sou dans cette Irlande en crise, ravagée par le chômage et la famine ? Des questions dont les réponses se trouvent peut-être de l’autre côté de l’Atlantique, où les attend un nouveau monde plein de promesses et d’espoir…

L’Irlande est un pays que j’aime profondément. Un pays dont je ne me lasse pas. Un pays qui me rappelle constamment à lui. Par conséquent, je n’étais que joie lorsque je suis tombée sur cette trilogie qui mêlait à la fois mon amour pour l’Île d’Émeraude et celui pour la littérature jeunesse. Mon attente était de taille. Ma déception également. C’est donc avec un sentiment mitigé que je vous présente L’Anneau de Claddagh, ses jolies qualités, mais également ses quelques défauts récurrents qui auront eu le don de m’agacer royalement.

Pour commencer, le véritable point fort de la trilogie c’est le travail de Béatrice Nicodème sur le contexte historique. Dans le premier volet, Seamróg, l’auteur met l’accent sur une Irlande en proie à une misère économique et sociale sans précédent. Avec Stoirm, elle évoque l’exode, et le sordide quotidien des classes populaires lors des traversées de l’Atlantique. Enfin avec Bliss elle parle de l’immigration, du mal du pays et des difficultés d’intégration sur un autre continent que le sien. Au fil de ses trois romans, Béatrice Nicodème aborde des sujets assez graves, le chômage, la famine, les révoltes, la maladie, le harcèlement, le viol… Elle met beaucoup de pudeur dans ses propos, mais sans jamais atténuer la réalité cruelle de l’époque. Et c’est là que réside la véritable force et la véritable émotion de toute la trilogie. Dans une galerie de personnages et d’actions secondaires qui ne servent que de toile de fond, et de prétexte, à la narration principale.

Malheureusement, à côté de ça, j’ai peiné à m’intéresser à l’histoire d’Arthur et Keira… J’ai trouvé notre héroïne un peu fade, un peu naïve et pour tout dire, un peu niaise. J’ai eu beaucoup de mal avec son entêtement dans la bêtise et le danger, malgré les conseils et les mises en garde de ses proches. Ainsi qu’avec les incursions dans l’univers magique, utiles dans le seul but de prendre de gros raccourcis avec la narration, donc principalement sans intérêt à mes yeux… Et que dire de l’idylle qu’entretiennent nos deux amoureux ? Stéréotypée, peu approfondie, sans réel fondement… Dommage, vraiment !

Au final, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé L’Anneau de Claddagh. C’est faux. J’ai apprécié l’aspect historique travaillé par l’auteur. J’ai aimé sa description des paysages, des villes et des villages. J’ai apprécié la pudeur et la simplicité de son écriture. Cependant, j’aurais aimé qu’elle mette autant de verve, de prosaïsme et de réalité dans sa narration principale, dans son histoire d’amour. Par ailleurs, j’aurais aimé que Béatrice Nicodème fasse des choix, qu’elle assume ou qu’elle annihile l’aspect mystique. Le folklore irlandais étant ce qu’il est, plein de magie, plein de mystère, plein de richesse, il est dommage de le sous-exploiter ou de l’utiliser à mauvais escient. Je rêvais d’un coup de cœur… Dommage…

L’Anneau de Claddagh, Béatrice Nicodème

156 pages / 16 euros

ISBN : 978-2-35488-249-5

Gulf Stream Éditeur, 2015

L’Anneau de Claddagh – Béatrice Nicodème

10 pesnées sur “L’Anneau de Claddagh – Béatrice Nicodème

  • 12 avril 2017 à 11 h 46 min
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    Pourquoi pas, j’aime bien ce que fait l’auteure en général et l’histoire pourrait plaire à mes ados…!

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    • 16 avril 2017 à 0 h 12 min
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      C’était ma première incursion dans l’univers de l’auteur. Mais je renterai, c’est certain !

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  • 13 avril 2017 à 10 h 46 min
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    L’irlande doit être un beau pays. J’aimerais y aller un jour. Dommage si cette trilogie n’est pas si intéressante mais il doit y avoir de bonnes oeuvres dans le même genre plus réussis^^.

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    • 16 avril 2017 à 0 h 12 min
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      Je pense aussi. Je vais faire quelques recherches !

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