« Le soir, je profite de la triste lumière de la lune pour me mettre à pleurer. »

Tout commence par une séparation. Deux sœurs jumelles qui doivent mettre un océan entre elles. Alors que l’une s’envole pour New York, l’autre s’installe à Paris. Débute alors une valse lacrymale, qui durera des années, un échange unique entre celle qui reste et celle qui part.

Alors que la sœur jumelle de la narratrice prend la route des Etats Unis pour raisons professionnelles, cette dernière n’en finit plus de pleurer. L’occasion pour elle de s’interroger sur les larmes. Celles dues aux émotions principalement. Des larmes de tristesse aux larmes de joie, en passant par celles provoquées par la colère ou la mélancolie. Marie Salomé Peyronnel les dissèque et les analyses sous toutes les formes possibles et imaginables.

Utilisant son ressenti personnel comme socle narratif, l’auteur transcende sa propre histoire pour aller chercher plus loin. Mêlant réflexions scientifiques et philosophiques, listes ordonnées et énumérations éparses, interviews et autres propos collectés, elle compose au final, et au fil des pages, une anthologie tout ce qu’il y a de plus ludique.

On pourra se documenter par exemple sur les différentes typologies de larmes, mais également sur les plus belles larmes du cinéma. On pourra écouter une playlist qui fait pleurer, comme une playlist qui console. On croisera les mots de William Shakespeare ou de Fernando Pessoa. Les références citées sont multiples et pertinentes.

Et ce voyage au pays des larmes est mené de main de maître par Joann Sfar. Dans ce style reconnaissable entre mille, et qui le sien, le dessinateur apporte une touche graphique et visuelle aux maux de Marie Salomé Peyronnel. Dans un noir et blanc tantôt composé formes rondes et floues, tantôt tranchantes et détaillées, il illustre à merveille les différentes émotions liées à nos glandes lacrymales. Et c’est superbe !

Au final nous nous retrouvons face à une oeuvre poétique au possible, à la douceur infinie, qui loin de faire couler nos larmes, nous apprendra à mieux les sécher.

Chez Mo’ !

Le Livre qui Console, Marie Salomé Peyronnel & Joann Sfar

128 pages / 12,00 €

ISBN : 9782081343030

Flammarion, 2014

Le Livre qui Console – Marie Salomé Peyronnel & Joann Sfar
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27 pesnées sur “Le Livre qui Console – Marie Salomé Peyronnel & Joann Sfar

  • 22 février 2017 à 5 h 07 min
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    Voilà un album que je ne connais pas du tout. Ni le titre, ni même la couverture. Découverte totale grâce à toi et ce que tu en dis me donne très envie de le lire. Malgré les larmes 🙂

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  • Ping : Ipak Yoli, Route de Soi(e) (Mandragore) – Bar à BD

  • 22 février 2017 à 8 h 18 min
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    Je connais seulement un peu Joann Sfar et son univers a l’air intéressant. Il faudrait que je m’y mettes. Celui-ci à l’air intéressant aussi.

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    • 26 février 2017 à 10 h 43 min
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      Oui, parfois je dégote des petites trouvailles 🙂

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  • 22 février 2017 à 9 h 27 min
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    waw! ça donne vraiment envie! je note, c’est la première fois que je le vois!

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  • 22 février 2017 à 9 h 49 min
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    Comme Mo’, je ne connais pas du tout et tu me donnes envie de le découvrir. J’aime beaucoup cette idée de recherche autour des larmes, c’est très poétique…

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    • 26 février 2017 à 10 h 44 min
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      Oui, c’est un petit livre plein de poésie 🙂

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  • 22 février 2017 à 12 h 44 min
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    Une bd qui interpelle et dont tu m’as donnée envie de savoir plus.

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  • 22 février 2017 à 15 h 16 min
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    Je suis complètement hermétique au trait de Joann Sfar… Je passe…

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  • 22 février 2017 à 15 h 44 min
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    Très original comme sujet ! Ton billet me donne envie de dénicher cet album que moi non plus je n’avais pas vu passer ! Merci !

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    • 26 février 2017 à 10 h 45 min
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      De rien, c’est toujours un plaisir de partager 🙂

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    • 26 février 2017 à 10 h 45 min
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      C’est grâce à ton article que je l’ai dégoté 🙂

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  • 22 février 2017 à 17 h 53 min
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    Je n’aime pas trop le trait de Joann Sfar, mais rien que pour ce que tu dis de cette BD, j’ai envie de la découvrir!

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