Plus de mort Guéraud

« Plus de morts que de vivants dans la cour.

Et presque tous les vivants connaissaient presque tous les morts.

Certains connaissaient même désormais plus de morts que de vivants. »

C’est le dernier vendredi avant les vacances de février. L’effervescence se fait sentir parmi les élèves du collège Rosa Parks. Tous attendent avec une impatience non dissimulée la fin de journée. Et pourtant peu seront encore debout à la sonnerie de dix sept heures. Ils n’ont aucune raison d’envisager le pire. Et pourtant… Avant même le premier cours ils auraient dû prêter attention à quelques signes avant-coureurs. Ils tenaient du détail, mais ils étaient malheureusement annonciateurs de la folle épidémie qui allait ravager l’établissement.

Interligne 2

Il existe des livres qui à peine ouverts emportent le lecteur dans une spirale chronophage. Des livres qui nous aspirent dans leur univers dès les premières lignes, dès les premiers mots. Des livres qui déclenchent une véritable addiction au fil de la lecture. Des livres qui une fois entre nos mains n’en retombent qu’une fois la dernière page tournée. Vous voyez ces livres ? Eh bien Plus de morts que de vivants fait définitivement partie de ceux là…

Trouvant l’inspiration du côté de Chris Marker, Elia Kazan, David Cronenberg ou encore Alex et David Pastor, flirtant avec ce cinéma teinté d’angoisse auquel tous s’apparentent, et qui aura fait plus jeune ma joie et mes nuits blanches, Guillaume Guéraud propose un récit haletant, sous la forme d’une bombe à retardement. Tic tac tic tac… Jusque là tout va bien ! Tic tac tic tac… Un saignement de nez, une mèche de cheveux qui tombe, une éruption cutanée ! Tic tac tic tac… Et là tout fout le camp, c’est l’explosion.

Du lecteur aux personnages, Guillaume Guéraud n’épargne rien ni personne. Il repousse les limites de son écriture, déjà bien acérée, pour offrir un style gore et jusqu’au-boutiste qui fascine tout du long même s’il révulse aussi un peu par instants.

On souffre mais pourtant on exulte, dans une ambiance anxiogène mais néanmoins divine. C’est là tout le bonheur des œuvres de cet homme là. Après avoir vanté les mérites de Je mourrai pas gibier, Déroute Sauvage ou encore Anka, je persiste et signe, Guillaume Guéraud est un auteur à lire, à découvrir et à redécouvrir ! Encore !

Pour découvrir les avis enthousiastes de Jérôme et Noukette c’est par ici et par là.

Coup de coeur

Interligne 2

Plus de morts que de vivants, Guillaume Guéraud

256 pages / 13,70 €

ISBN : 978-2-8126-0861-2

Le Rouergue, 2015

Plus de morts que de vivants – Guillaume Guéraud

17 pesnées sur “Plus de morts que de vivants – Guillaume Guéraud

  • 30 mai 2016 à 11 h 05 min
    Permalien

    Le génie de cet auteur est de nous entrainer irrésistiblement et presque malgré nous dans une histoire qu’en fait on a pas très envie de lire et ça marche terriblement…

    Répondre
    • 30 mai 2016 à 16 h 40 min
      Permalien

      Moi j’ai toujours très envie de le lire malgré tout 🙂

      Répondre
  • 30 mai 2016 à 13 h 03 min
    Permalien

    Merci pour ce conseil. A découvrir très vite je l’espère (je croise les doigts pour qu’il figure au catalogue de la médiathèque) d’autant plus que je suis en pleine lecture boulimique de romans jeunesse.

    Répondre
    • 30 mai 2016 à 16 h 41 min
      Permalien

      Et clairement c’est le genre de roman qui te plaira j’en suis certaine 🙂

      Répondre
  • 30 mai 2016 à 16 h 41 min
    Permalien

    Et un de plus à rajouter à ma wishlist ! Mais comment je vais faire moi ? Je ne vivrais jamais assez longtemps pour tous les lire ? Bon, par contre je suis déçu, ça ne parle pas de moi…

    Répondre
    • 30 mai 2016 à 16 h 56 min
      Permalien

      Celui là tu risques de l’adorer !
      On parlera peut être de toi une prochaine fois 🙂

      Répondre
  • 30 mai 2016 à 20 h 18 min
    Permalien

    Jolie chronique qui donne envie d’aller voir plus loin…. (si seulement je n’étais pas une chochotte qui a peur dans le noir et à la vue d’une goutte de sang TT)

    Répondre
    • 30 mai 2016 à 20 h 59 min
      Permalien

      J’ai aussi peur dans le noir.
      Mais je crois que j’aime me faire peur aussi 🙂

      Répondre
  • 31 mai 2016 à 12 h 46 min
    Permalien

    Anxiogène, c’est rien de le dire ! Mais quel plaisir de lecture…

    Répondre
  • 8 juin 2016 à 9 h 24 min
    Permalien

    Bon… au vu de ta chronique et des commentaires, je suis diablement tentée ! Merci pour la découverte ! 🙂

    Répondre
    • 8 juin 2016 à 21 h 11 min
      Permalien

      J’espère que tu aimeras autant que moi 🙂

      Répondre
  • Ping : Mon Top 10 des BDs et romans découverts en 2016 – TWENTY THREE PEONIES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *