031

« Claudette Colvin pourrait être Rosa Parks. Les ingrédients sont là, l’exaspération, la colère, le sentiment d’injustice, le courage de la victime, mais la lutte ne prend pas, aucun leader n’est là pour la mener. Alors l’énervement s’estompe et le vent et la pluie achèvent de doucher les dernières résistances. Claudette Colvin ne sera pas Rosa Parks, la faute à son âge, à la pluie, la faute aux hommes qui n’y croient qu’à moitié. »

Le 2 mars 1955, Montgomery, Alabama. Quelques mois avant l’affaire Rosa Parks, dans le bus qui la ramène de l’école, la jeune Claudette Colvin, lycéenne sans histoire, refuse de céder son siège à un passager blanc qui exige une place assise. Insultée, malmenée par la police locale qui décide de s’en mêler, l’adolescente est jetée en prison. Alors qu’avant elle personne n’a osé le faire, elle décide de plaider non coupable pour les chef d’accusation dont elle fait l’objet, et d’attaquer la ville à l’aide de son avocat. Pourtant aujourd’hui, Claudette Colvin, celle qui aurait pu être Rosa Parks, est tombée dans l’oubli.

Noire est un document assez court, mais très juste. Tania de Montaigne revient ici sur la vie de cette jeune fille, qui si elle avait eu la peau plus claire, les cheveux plus raides, une vie plus pieuse ou une éducation plus religieuse, aurait pu être celle qui aurait fait changer les choses. J’ai réellement apprécié la rencontre avec Claudette Colvin, et les mots choisis par l’auteur pour parler de cette grande oubliée de l’Histoire. Mais plus que l’aspect biographique, c’est le côté historique qui m’a vraiment intéressée ici. J’ai aimé connaître les coulisses du mouvement des droits civiques, la mise en marche de cette lutte pour la liberté, et les figures emblématiques connues et reconnues, ou plus anonymes, qui y ont contribué.

Dès les premières phrases Tania de Montaigne sait créer une ambiance et happer son lecteur. Elle nous interpelle : « Vous êtes noir, un noir de l’Alabama des années cinquante ». Et de fait, pour peu que l’on soit empathique, la magie opère et nous le devenons le temps de quelques pages. Si l’on déplore parfois quelques va-et-vient spacio-temporels qui nous égarent le temps d’une phrase ou d’un paragraphe, l’ensemble reste néanmoins assez bien écrit et facile d’accès pour qui voudrait en savoir un peu plus sur le sujet abordé.

En somme un jolie découverte, sur laquelle je ne me serais pas forcément penchée si on ne me l’avait pas mise entre les mains, mais que j’ai sincèrement appréciée !

Grand Prix Lectrices ELLE

Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin – Tania de Montaigne

7 pesnées sur “Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin – Tania de Montaigne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *