086

« Fuck my nose with your toe »

Début juin j’avais proposé pour les quatre ans du rendez-vous coquin de Stephie une petite chronique sur Marfa Girl, l’avant-dernier film de Larry Clark. Une forte déconvenue, si vous aviez lu mon billet. N’ayant pas envie de rester sur une déception, alors que j’ai idolâtré ce photographe et réalisateur américain dans ma lointaine jeunesse, j’ai décidé de me pencher sur son tout dernier long-métrage, The Smell of Us, mettant en scène pour la première fois les pérégrinations sexuelles d’une bande d’adolescents parisiens.

Ils sont six, et tous les jours ils se retrouvent au Trocadero pour enchaîner les figures de skate, une canette de bière dans une main, un joint allumé dans l’autre. Ils sont liés par la rue, le sexe et la drogue, des vies de famille compliquées, et la caméra de Toff qui filme chacun d’entre eux à chaque rencontre. C’est l’attrait de l’argent facile, et les relations sexuelles tarifées qui vont faire imploser ce petit groupe de lycéens parisiens…

Smell of us 02

Larry, c’est fini ! Si Marfa Girl avait été une déception de taille, que dire The Smell of Us ? Gratuit et nauséabond, le dernier film de Larry Clark est une vile caricature de tout ce qui a su me séduire dans l’univers du bonhomme il y a quinze ans. Dans un premier temps, le réalisateur ne prend même pas la peine d’élaborer un scénario, se contentant d’enchaîner des scènes plus répugnantes les unes que les autres. Sexe, évidemment, mais aussi violence et humiliation sont au rendez-vous. Nous y sommes, le malaise commence doucement.

Si un schéma narratif finira par émerger, c’est finalement pour mieux compiler les clichés. Clichés sur l’adolescence, clichés sur la France, clichés sur le milieu homosexuel… C’est un véritable florilège… Rien, ni personne, n’est épargné.

Smell of us

Pour ne rien arranger, tous les personnages principaux et secondaires sont pourris, gâtés par les perversions qui les hantent, si bien que la nausée est constante pendant une heure trente. Et ce n’est pas du côté de la mise en scène que le spectateur peut venir chercher un quelconque apaisement, alternant les plans HD et ceux à l’i-Phone, les effets de flous et de figés, les cadrages et les décadrages, le parti pris de Larry est excessivement irritant.

Comme dirait un petit personnage dans un film que j’aime d’amour : « J’ai vomi ». Mais ce n’est pas grave, puisque le premier mardi, chez Stephie, tout est permis !

Le Premier Mardi

The Smell of Us – Larry Clark
Étiqueté avec :                

17 pesnées sur “The Smell of Us – Larry Clark

  • Ping : Le premier mardi, c’est permis (50) – Mille et une Frasques

    • 7 juillet 2015 à 20 h 31 min
      Permalien

      Passe ton chemin ma belle ! Je t’en conseillerai d’autres 🙂

      Répondre
  • 7 juillet 2015 à 10 h 03 min
    Permalien

    Quand j’ai vu la bande annonce, je me suis dis que ce serait soit génial, soit trés mauvais. Après, j’ai tendance à détester tout ce qui est “gratuit” à l’écran donc s’il a oublié le scénario en route, ça risque fortement de me déplaire. Je n’en ferai donc pas une priorité…

    Répondre
  • 7 juillet 2015 à 13 h 34 min
    Permalien

    Je ne suis déjà pas cinéphile pour deux ronds, il n’y aucune chance que je le regarde un jour.

    Répondre
    • 7 juillet 2015 à 20 h 33 min
      Permalien

      Un jour j’aimerais mettre un film sur ta route, comme tu mets parfois des livres sur la mienne grâce à tes chroniques. Mais ça ne sera pas celui là, clairement 🙂

      Répondre
    • 7 juillet 2015 à 20 h 34 min
      Permalien

      Un jour je chroniquerai un indispensable 🙂

      Répondre
  • 7 juillet 2015 à 17 h 26 min
    Permalien

    Dans un autre film que je connais l’un des personnages vomit quand il est heureux ! Apparemment, ça n’est pas ton cas, désolée pour toi ! 😉

    Répondre
    • 7 juillet 2015 à 20 h 38 min
      Permalien

      C’est pas grave, le mois prochain j’essaierai de faire mieux 🙂

      Répondre
  • 8 juillet 2015 à 10 h 13 min
    Permalien

    Même si je ne suis pas tentée par ce film, je trouve que c’est une excellente idée de proposer autre chose que de la littérature pour ce rendez-vous que je suis avec attention !

    Répondre
    • 10 juillet 2015 à 7 h 17 min
      Permalien

      J’aime bien aussi, mais je ne suis pas certaine de tenter les lecteurs avec mes films bizarres. Une fois j’ai proposé un livre photo aussi, là c’était plus attractif 🙂

      Répondre
  • 14 juillet 2015 à 19 h 58 min
    Permalien

    J’en avais entendu parler… mais c’est vrai que la BA ne me tentait pas du tout… en lisant cette chronique, je me rends compte que j’ai bien fait, je pense.

    Répondre
    • 14 juillet 2015 à 21 h 08 min
      Permalien

      Effectivement, tu peux t’en dispenser…

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *