Big Eyes - 2015

« Would you rather sell a $500 painting, or a million cheaply reproduced posters ?

See, folks don’t care if it’s a copy. »

Fin des années 1950, début des années 1960, Walter Keane connait un succès phénoménal, et révolutionne le commerce d’art, grâce à une série de tableaux mettant en scène des enfants démunis aux yeux démesurés. Pourtant si Walter s’en approprie tout le mérite, il n’est pas l’auteur des fameuses peintures, c’est sa femme, Margaret, qui est à l’origine de ces « Big Eyes »… C’est donc sur cette scandaleuse escroquerie que le film décide de s’attarder.

Tim Burton fait partie de ces réalisateurs qui m’ont un jour ouvert les portes du cinéma, forgeant à la fois ma sensibilité, mon sens critique et mon goût esthétique. Il est de ceux dont j’ai vu toute la filmographie, de ceux dont j’attends toujours un peu le dernier film à sortir, et ce malgré plusieurs déconvenues au cours des dernières années. Si j’avais apprécié en 2012 sa reprise de Frankenweenie, mon dernier véritable coup de cœur pour un long-métrage de Burton remonte maintenant à plus de dix ans, avec Charlie et la Chocolaterie

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Autant le dire tout de suite, Big Eyes n’est pas le film qui au bout de dix longues années vient faire chavirer mon cœur et me ramener vers mes premières amours. Non, il n’est définitivement pas celui là. Mais il faut bien l’avouer, Big Eyes est le meilleur long-métrage réalisé par Tim Burton depuis 2005 ! Et ça, chers lecteurs, ce n’est pas rien !

Au delà de l’aspect biographique et historique, ce qui est intéressant ici c’est que le réalisateur frappe là où on ne l’attend pas. Exit les vampires, les revenants, les chapeliers fous et autres bêtes de foire, pour la première fois depuis longtemps il délaisse le merveilleux et choisit de nous parler d’une réalité qui n’est pas altérée. C’est certes surprenant de sa part, mais ça fonctionne parfaitement. De la même façon, si depuis des années nous nous étions habitués au fameux duo formé par Johnny Deep et Helena Bonham Carter, cette fois ci il ne sera pas de la partie. Nouvelles intentions, nouvelles collaborations !

Toujours en proposant un univers personnel et stylisé, Tim Burton opte cette fois-ci pour la sobriété visuelle, pour une approche plus classique de sa mise en scène, pour un jeu d’acteurs fort mais sans cabotinage, et tout ça renforce les émotions qui se dégagent de son récit.

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Si je connaissais peu le travail de Margaret Keane, et encore moins l’escroquerie dont elle a été la victime, j’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans son univers. Plus que le portrait d’une artiste, Tim Burton dépeint ici celui d’une femme des fifties/sixties, son éveil artistique, le développement de son esprit créatif, sa relation difficile avec son époux, celle plus douce avec sa fille, son rapport au monde et à la société qui l’entoure…

Et si le film fonctionne si bien, c’est évidemment dans un premier temps grâce au travail important sur la lumière et la reconstitution, grâce à la finesse du scénario et à l’élégance de la mise en scène. Mais aussi, et surtout, grâce aux prestations de ses acteurs, Christoph Waltz immense dans sa folie et Amy Adams touchante sous son emprise.

En somme, Big Eyes est une jolie découverte, un film plaisant à l’esthétique léchée et à l’interprétation jubilatoire. Le seul hic, c’est que de la part du réalisateur d’Ed Wood ou d’Edward aux mains d’argent, on est en droit d’attendre un peu plus tout de même…

Un petit billet ciné pour commencer la semaine, et j’ai la chance de le partager aujourd’hui avec la jolie Fleur d’Un œil des motsAllons vite lire ce qu’elle a pensé du film !

Big Eyes – Tim Burton
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14 avis sur « Big Eyes – Tim Burton »

  • 4 mai 2015 à 9 h 19 min
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    Chouette, j’attendais cet article! ‘Big Eyes’ est un film que j’ai beaucoup aimé et j’étais curieuse de connaitre ton avis. Je pense que nous avons pensé la même chose. Le petit point faible, ou du moins déroutant, est qu’il manque le petit grain de folie de Tim Burton. En dehors de ça, l’esthétique du film est soigné et c’était une bonne idée d’exploiter l’histoire de Margaret.

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    • 4 mai 2015 à 9 h 32 min
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      Voilà ! C’est tout à fait ça ! Je trouve le film très sympathique et vraiment travaillé. Mais de la part de Tim Burton, c’est un peu léger pour moi. C’est quelqu’un qui m’a faite rêver, qui m’a bouleversée, et là on en est loin. Ceci dit, quand je regarde ces derniers films, c’est définitivement mon préféré depuis dix ans. Et ça c’est un peu triste 🙂

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  • 4 mai 2015 à 9 h 42 min
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    Je comprends ta relative déception étant donné l’intensité de la relation avec Burton. Néanmoins, tout ce que tu dis du film donne vraiment envie. Il n’est plus joué chez nous, j’attendrai donc la sortie DVD avec curiosité.

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    • 4 mai 2015 à 10 h 20 min
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      Parce que dans l’ensemble, c’est un bon film ! Je te conseille vivement de le voir 🙂

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  • 4 mai 2015 à 10 h 25 min
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    J’ai bien aimé aussi. D’abord parceque je ne connaissais pas l’histoire et qu’elle est bien raconté. Et parcequ’en effet, c’est loin d’être le plus mauvais Burton. Par contre, j’avais de loin préféré Frankenweenie… et Sweeney Todd.

    Les acteurs sont bons en effet, mais Christoph Waltz en fait beaucoup trop à mon sens. Je suppose que c’était voulu par Burton étant donné à quel point c’est appuyé mais ça m’a sorti du film par moment.

    Ceci dit, certaines scénes sont vraiment belles, voir touchantes, et d’autres assez effrayantes dans la manière dont elles sont mises en scènes. Comme quoi il y a toujours des restes de ce qu’il était. A voir s’il saure les employer sur ses deux prochains films (“Miss Peregrine et les enfants particuliers” et sa version Live de “Dumbo”).

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    • 4 mai 2015 à 10 h 27 min
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      J’ai très peur concernant la version live de Dumbo

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  • 4 mai 2015 à 12 h 04 min
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    Il ne m’attire pas. Je pense que c’est justement l’absence de merveilleux qui fait que pour moi, ce n’est pas vraiment Burton. Mais je le verrai sans doute quand même…

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    • 4 mai 2015 à 13 h 40 min
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      Je peux comprendre ! Ceci dit, je pense que tu aimeras 🙂

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  • 4 mai 2015 à 13 h 46 min
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    Peut-être un petit tantinet moins enthousiaste que toi mais globalement on se rejoint.
    Je préfère quand même Tim Burton sur un registre plus merveilleux comme celui d’Alice.
    Néanmoins cette histoire assez surprenante m’aura fait découvrir une artiste. J’ai voulu en savoir un peu plus sur ses tableaux mais on ne trouve pas grand chose sur internet….
    Globalement, ce film ne se démarque pas de tous les biopics sur la peinture que j’ai pu voir. Même s’il est bien, il est peut-être un peu en dessous d’un Séraphine ou d’une Jeune fille à la perle par exemple.

    On remet ça quand tu veux 😉

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    • 4 mai 2015 à 19 h 37 min
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      C’était un plaisir de partager ce billet avec toi. Je n’ai pas encore vu Séraphine, mais ne suis que moyennement fan de La jeune fille à la perle. D’une manière générale, je suis plus biopic musical en fait 🙂

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  • 5 mai 2015 à 21 h 16 min
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    Je n’ai pas été voir le film par peur de la déception et maintenant je suis déçue de ne pas être allée le voir. En tout cas, ta critique donne envie :p

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    • 5 mai 2015 à 22 h 28 min
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      C’était le but ! Même si ce n’est pas du grand Burton, c’est du bon Burton 🙂

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