Tomoji - 2015

« Il faudra attendre sept ans, après qu’ils se soient croisés ce jour-là, pour que Tomoji et Fumiaki se rencontrent à nouveau. »

Japon, 1925 au pied du majestueux pic Hachiyô, dans le le massif de Yatsugatake, la jeune Tomoji Uchida croise la route de celui qui deviendra un jour son mari. Une rencontre de quelques secondes, autour de laquelle s’articulera le récit de la vie de la jeune fille. Japon, 1912 au pied de ce même pic, la famille Uchida vivait encore des jours heureux…

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Bien que l’on se trouve face à un travail de commande de la part d’un temple bouddhiste qui souhaite mettre en lumière la vie de sa créatrice, Elle s’appelait Tomoji possède tout ce qui fait le charme des œuvres les plus personnelles de Jirô Taniguchi.

Préférant se concentrer sur l’enfance et l’adolescence de Tomoji Uchida plutôt que sur ce qui l’a rendu célèbre, l’illustrateur trouve ici prétexte à parler des choses qui lui sont chères : Histoires de familles, transmission de valeurs, ode à la nature… Tout y est !

C’est la vie, la vraie, qui est racontée dans ces pages, avec tout ce qu’elle comporte de petits bonheurs et de grands malheurs. Ainsi c’est pendant plusieurs années que l’on suit le quotidien modeste de cette jeune japonaise, altruiste et dévouée, on partage ses joies, ses peines, et à travers elle on découvre les us et coutumes d’une époque aujourd’hui révolue.

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Comme toujours, c’est avec beaucoup de sensibilité et de sobriété que Jirô Taniguchi construit son récit, mêlant parfois, au détour d’une bulle, la petite histoire à la grande. Son trait est fin, simple et efficace, et la lecture de la bande dessinée s’avère profondément agréable. Mais si l’on se prend d’une réelle affection pour ses personnages, on déplore par moment que l’émotion, si retenue, ne soit pas toujours au rendez-vous.

Et au final, la grande force d’Elle s’appelait Tomoji n’est pas exactement là où on l’attendait. Ce qui m’a le plus touchée dans cette narration, c’est qu’au delà de l’histoire d’une femme, Jirô Taniguchi dresse ici le portrait d’un Japon rural, dans une période charnière de son histoire. C’est avec une minutie précieuse, presque documentaire, qu’il dépeint les paysages et les modes de vie d’un monde modeste où la famille tient une place de choix, et où l’amour, l’entraide et la solidarité sont des valeurs essentielles. C’est beau, et ça donne espoir…

Les avis de Jacques, Mo’ et Noukette.

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15/20 pour le top de Yaneck

Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi
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40 pesnées sur “Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi

  • 11 mars 2015 à 7 h 34 min
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    Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’étant donné que les émotions sont contenues, cela laisse un petit goût de déception en bouche. J’ai eu du mal à ressentir de l’empathie pour Tomoji. Mais on se laisse malgré tout prendre par l’histoire.

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    • 11 mars 2015 à 7 h 59 min
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      Nous sommes bien souvent d’accord en matière de bande dessinée 🙂

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    • 11 mars 2015 à 8 h 34 min
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      Tout pareil ! Et c’était un plaisir que de le retrouver là 🙂

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  • 11 mars 2015 à 9 h 31 min
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    Je viens de terminer « Les gardiens du Louvre » de l’auteur et j’ai bien aimé. Le dessin y est renversant, mais mon avis sur l’histoire est plus mitigé, même si dans l’ensemble, ce fut une belle découverte.

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    • 11 mars 2015 à 10 h 18 min
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      Justement, celui là il faut que je le lise aussi 🙂

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  • 11 mars 2015 à 12 h 07 min
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    A lire très prochainement de mon côté. Je suis contente que tu te sois laissée emporter malgré tes réserves quant aux émotions.

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    • 11 mars 2015 à 13 h 20 min
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      Hâte de lire ton avis ! Et de voir si comme moi tu auras apprécié 🙂

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  • 11 mars 2015 à 13 h 01 min
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    J’ai beau être fan de Taniguchi, celui-là ne me tente pas du tout.

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  • 11 mars 2015 à 13 h 20 min
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    J’aime beaucoup cet auteur. Comme tu dis, douceur et lenteur sont au rendez-vous.

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  • 11 mars 2015 à 14 h 51 min
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    Je ne pense pas que l’histoire m’intéresserait mais ça a l’ait trés jolie en tout cas.

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    • 11 mars 2015 à 15 h 51 min
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      Il faut tenter un autre Taniguchi alors 😉

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  • 11 mars 2015 à 21 h 12 min
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    Un des rares avis un peu positif sur ce livre. Désolé, ça ne me suffira pas à aller le lire ^^

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  • 13 mars 2015 à 18 h 57 min
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    J’aime beaucoup les œuvres de Taniguchi. Sa douceur, sa sensibilité, sa poésie. Je n’ai pas encore lu celui-là mais je le note, malgré les commentaires mitigés que j’ai vu passer dans les commentaires.

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    • 13 mars 2015 à 22 h 49 min
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      Tu peux te lancer, Taniguchi est une valeur sure 😉

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  • 9 mai 2015 à 10 h 43 min
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    Ce seinen m’a bouleversée, à tel point que j’ai dû le refermer avant de le poursuivre … La vie de cette femme est marquée par un tel sceau ! 😮

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  • Ping : Elle s'appelait Tomoji, Jirô Taniguchi | Bric à Book

  • 14 mai 2015 à 19 h 52 min
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    oh oui c’est beau!! je ne suis jamais déçue avec Taniguchi!
    tu vois, je n’aurais pas trop traîné!
    (j’avais prévu de revenir te le dire, tu m’a devancée ;))

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    • 16 mai 2015 à 9 h 04 min
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      Héhé ! Je suis contente que tu aies aimé en tout cas 🙂

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  • Ping : Elle s’appelait Tomoji – Jirô Taniguchi | 22h05 rue des Dames

  • 25 mai 2015 à 17 h 33 min
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    Je n’ai pas été très touchée par l’histoire. J’ai trouvé les personnages distants.

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