50 nuances de Grey - 2015

« I don’t make love. I fuck… Hard. »

Aujourd’hui, et comme tous les premiers mardis du mois, nos actes lectures les plus inavouables sont permises grâce à la jolie Stephie. Aujourd’hui cependant il ne sera pourtant pas question de littérature chez moi. C’est le cinéma (peut-on encore appeler ça du cinéma ?) que j’ai décidé de mettre à l’honneur, puisque à vous, je peux bien l’avouer, la semaine dernière je suis allée voir l’adaptation du roman de E.L. James, Cinquante nuances de Grey.

Depuis des mois on ne présente plus Anastasia Steele et Christian Grey… Ces fameuses cinquante nuances, on le sait, sont l’histoire d’amour de sexe de cette godiche naïve et molle comme un flan et de ce milliardaire faussement insensible et adepte du sado-masochisme. N’ayant pas lu le livre, je partais vierge de tout préjugé, mais déjà avec un scénario capable de tenir sur un ticket de métro, il est évident que j’aurais du me méfier…

50 Shades 02

Cinquante nuances de Grey c’est deux heures et cinq minutes d’atermoiements ridicules et de métaphores douteuses. Après René Descartes et son fameux « Cogito, ergo sum », nous sommes ici dans une nouvelle forme de philosophie : « Je mouille, donc il pleut », mais aussi dans sa nuance un brin plus mélancolique, parce que quand même : « Je pleure, donc il pleut ». Pouvait-on faire moins subtil ? Plus grossier ? Difficilement, je ne le crains…

Mais puisque le spectateur est trop bête pour comprendre ce qu’il regarde, la réalisatrice Sam Taylor-Johnson a pour mission d’appuyer chaque détail, chaque intention, afin que l’on comprenne bien ce qui se joue ici. Ralentis sur Anastasia qui mordille le gros crayon offert par Monsieur Grey, gros plans sur ses mordillements de lèvres de pucelle faussement effarouchée… Ah si ! Finalement on pouvait faire moins subtil et plus grossier…

Et bien évidemment, même avec un scénario aussi cliché et peu étoffé, appuyé par une mise en scène aussi dégueulasse déplorable, le film ne serait rien sans ses deux interprètes principaux : Dakota Johnson et Jamie Dornan. Deux acteurs qui, comme les personnages qu’ils incarnent, se valent bien l’un l’autre : Mono expression faciale et charisme d’huître…

50 Shades

Mais on ne va pas se mentir, mon intérêt pour le film ne portait pas tant sur sa qualité que sur pourquoi il a fait débat. Comment était-il possible d’adapter un Mommy Porn au cinéma, et de n’obtenir qu’une interdiction au moins de douze ans ? La réponse était pourtant d’une simplicité enfantine : Supprimer les scènes de sexe ! Mais comment ne l’ai-je pas vu venir ? Parce que sous ses allures de grand film décadent Cinquante nuances de Grey n’a clairement pas de quoi fouetter une chatte ! Trois ou quatre pauvres scènes de sexe, qui font clairement passer le sado-masochisme pour les délires excentriques d’un malade qui ne demande qu’à en guérir, et non pas pour ce qu’il est réellement, une pratique sexuelle à part entière.

Tout ça est gerbant à souhait ! Et si nous allions lire quelques pages du Marquis de Sade pour nous laver les yeux et l’esprit de toutes ces sottises ? Parce que ce que je trouve le plus triste ici, c’est que dans une France qui accorde de moins en moins de temps à la lecture, pas moins de 2 millions d’exemplaires de Cinquante nuances de Grey se sont vendus l’an dernier…

Le Premier Mardi

Cinquante nuances de Grey – Sam Taylor-Johnson

25 pesnées sur “Cinquante nuances de Grey – Sam Taylor-Johnson

  • 3 mars 2015 à 12 h 28 min
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    Si le film est pathétique, ton billet en revanche est jouissif et m’a bien fait sourire 😉
    Et dire qu’à la bib c’est reparti de plus belle pour les réservations du livre… exaspérée…

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    • 3 mars 2015 à 12 h 36 min
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      Haha ! Je me suis un peu lâchée pour le coup 🙂

      Il faudrait brûler ce livre, que personne ne puisse plus le réserver !

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  • 3 mars 2015 à 12 h 48 min
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    Heureusement que tu y es allée finalement, sinon on aurait raté un bien joli billet !

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    • 3 mars 2015 à 13 h 06 min
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      Je me suis bien amusée à le rédiger ! 🙂

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  • 3 mars 2015 à 15 h 47 min
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    Encore heureux que Charlie Hunnam se soit finalement désisté^^. je ne vais pas revenir sur le fait que le film soit une aberration de production mais j’ai eu l’occasion de lire des extraits du script original avant que E.L. James ne vienne y mettre son nez et… bah ça s’annonçait quand même mieux. On peut tirer de bons films de mauvais romans et ça en prenait la direction… Mais bon, le résultat c’est celui là et la suite s’annonce pire… Et le pire c’est que j’irais quand même.

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    • 4 mars 2015 à 2 h 19 min
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      Disons qu’avec cette bombe de Charlie Hunnam, j’aurais trouvé ça bien plus intéressant ! Pour ma part, je ne sais pas si je prendrai la peine de voir la suite…

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  • 3 mars 2015 à 23 h 19 min
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    Aucune envie de m’infliger le film après le livre…
    Et j’ai regardé quelques scènes sur le net. J’aurais été gênée de savoir que mon môme puisse voir ça à 12 ans tout de même.

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    • 4 mars 2015 à 2 h 20 min
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      Je t’assure… J’ai vu des films tout public plus sexué que celui là…

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  • Ping : Le premier mardi, c’est permis (46) – Mille et une Frasques

  • 4 mars 2015 à 10 h 55 min
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    Mouhahaha…! 😉 J’adore ton billet… et non, je n’irai pas le voir ! 😉

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  • 4 mars 2015 à 14 h 06 min
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    Ton billet m’a bien fait rire 🙂
    J’ai lu un livre et demi de cette saga et vu le film et c’est une daube effectivement… mais je te conseille de voir la série The fall. Je viens tout juste de finir la saison 2 , j’ai vraiment apprécié, Jamie Dornan un des acteurs principaux y est glaçant et fascinant, bien loin de 50 nuances…

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    • 4 mars 2015 à 15 h 34 min
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      C’est ce qu’on m’a dit ! Je vais tenter ça 🙂

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  • 4 mars 2015 à 18 h 36 min
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    comme toi, je n’ai pas lu le livre…
    concernant le film, c’est ballot qu’ils aient enlevé les seules scènes qui auraient valu le déplacement…
    merci de t’être sacrifiée pour nous ! 🙂

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    • 4 mars 2015 à 19 h 50 min
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      C’était un plaisir ! Oui, comme Ana je suis visiblement masochiste 🙂

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  • 5 mars 2015 à 8 h 52 min
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    j’ai d’abord lu la parodie “50 nuisances d’Earl Grey”, absolument lourdissime, godiche et pas sex pour un sou…sauf qu’au moins je m’y attendais et que c’était recherché! quand j’ai lu l’original après, je n’ai pas vu tant de différences que ça, c’est dire…

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    • 5 mars 2015 à 11 h 32 min
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      Haha, c’est drôle et ça ne m’étonne pas 🙂

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  • 7 mars 2015 à 13 h 58 min
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    J’ai lu le livre il y a bien longtemps et me passerai allègrement du film, mais je suis heureuse d’avoir lu ta chronique, bien plus distrayante que ne l’est visiblement le long métrage ! Merci de t’être dévouée pour nous !

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    • 10 mars 2015 à 17 h 57 min
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      Mais de rien, je suis heureuse de m’être vaccinée contre le livre 😉

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  • 8 mars 2015 à 19 h 46 min
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    je ne comprends toujours pas l’engouement autour de ce roman. Certaines amies lectrices qui aiment par exemple Nancy Huston ont adoré… quand je lis des extraits ou des billets comme le tien sur le film je suis d’autant plus consternée!

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