Sumato - 2014

« Comme après un ouragan ou plus rien ne subsiste. Un trou béant apparut aspirant avec lui toutes ces futiles certitudes auxquelles on croyait… A la place subsiste la douleur souveraine absolue d’un royaume dévasté. Herbie laisse un blanc immense, une cicatrice qui ne se refermera jamais. »

Depuis des mois, je conserve précieusement les quelques œuvres de Renaud Dillies qu’il me reste encore à découvrir. Elles sont un peu ma soupape de sécurité, ce petit mécanisme qui vient réguler ma pression émotionnelle afin d’éviter l’explosion. Si j’ai beau égrainer avec parcimonie les derniers albums dont je dois encore faire la lecture, force est de constater que je finis toujours par revenir vers cet auteur qui est cher à mon cœur. Et sachant l’amitié au centre du récit, Sumato ne pouvait que me plaire…

Sumato - 2014

Un duo de musiciens formé d’un petit chat et d’un gros lapin, une référence évidente à Herbie Hancock, une belle pleine de talents et aux charmes envoûtants, un rôle de méchant tout en nuances et en subtilités, un coup de foudre évident, le même qu’Abélard connaîtra plus tard pour Epilie, un voyage fait de rêves et d’espoirs, une amitié que rien ne pourra altérer, et bien évidemment quelques notes de musique pour nous accompagner au fil des bulles et des pages… Sumato c’est un peu tout ça à la fois.

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Après Betty Blues, et alors que ce n’est que sa deuxième bande-dessinée, Renaud Dillies continue d’installer les thèmes qui lui sont chers. Il nous parle de l’amour, de l’amitié et de la douleur provoquée par l’absence avec toute la poésie qu’on lui connaît désormais, et ce sans jamais lasser son lecteur. Mais attention, s’aventurer dans l’univers de Renaud Dillies c’est accepter d’avoir la gorge serrée par les quelques larmes qu’on va verser. Et c’est pour mieux nous retourner le cœur qu’il met, une fois de plus, en scène ce petit personnage faussement naïf qui évolue dans un monde cruel et y connaîtra un destin, on le sait maintenant, forcément tragique. C’est à la fois plein de bonheur et de mélancolie…

Graphiquement, on sent cette volonté de l’auteur de trancher avec Betty Blues. Ici le dessin est plus épuré, moins détaillé ou torturé que dans la précédente bande-dessinée de l’illustrateur et scénariste, et les couleurs, quant à elles, sont beaucoup plus criardes. Si j’ai été décontenancée un temps par ce changement brutal de style, au fil des pages je lui ai finalement trouvé beaucoup de charme.

Les avis tout aussi enthousiastes de Choco, Jérôme et Noukette.

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17/20 pour le top de Yaneck

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Sumato – Renaud Dillies
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21 avis sur « Sumato – Renaud Dillies »

  • 3 septembre 2014 à 7 h 08 min
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    Je note évidemment. Il fait partie des rares que je n’ai pas encore lus.

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  • 3 septembre 2014 à 8 h 42 min
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    Pas mon préféré de Dillies, surtout au niveau des choix graphiques, mais je comprends ce sue tu exprimes de ta relation à cet auteur. Cet album est encore une très jolie parenthèse.

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    • 3 septembre 2014 à 11 h 31 min
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      C’est vrai que graphiquement ce n’est pas mon préféré non plus. Mais ça reste Renaud Dillies aux commandes <3

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  • 3 septembre 2014 à 9 h 43 min
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    Je le lirai un jour ou l’autre celui-ci aussi 😉

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  • 3 septembre 2014 à 12 h 42 min
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    De l’excellent Dillies. En même temps, je n’ai rien trouvé à jeter dans sa production pour l’instant. Et il m’étonnerait fort que ça arrive un jour 😉

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  • 4 septembre 2014 à 16 h 24 min
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    je ne connais pas du tout, mais cela a l’air d’être une belle découverte 🙂

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  • 5 septembre 2014 à 13 h 02 min
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    Ça doit être le seul (ou l’un des rares) que je n’ai pas encore lu mais comme toi je garde ces titres précieusement pour ne pas les savourer trop vite.
    Il te reste lesquels encore à lire?

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    • 5 septembre 2014 à 13 h 12 min
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      Il me reste Bulle et nacelle, Frère Joyeux et Mister Plumb 🙂

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      • 5 septembre 2014 à 13 h 16 min
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        Ah je ne connais pas Mister Plumb… mais les deux autres je les ai lus 😉

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        • 5 septembre 2014 à 15 h 59 min
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          C’est sa première collaboration avec Régis Hautière, si je ne me trompe pas 😉

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