Pas assez pour faire une femme - Jeanne Benameur

« Notre amour a été une étrange affaire dans notre vie, revenant mettre le feu aux poudres quand nous nous y attendions le moins. Notre histoire est profonde même si nous ne sommes jamais parvenus à vivre ensemble et que nous vivons des amours différentes. Nous avons appris l’un de l’autre et quand nous nous revoyons c’est une façon de remettre les pendules à l’heure. L’heure de nos premiers désirs, l’heure de la promesse de la vie éclairée. Se revoir, échanger encore des livres, c’est une façon de rester fidèles à ce jeune homme, à cette jeune femme que nous étions. Je lui ai proposé que nous soyons amis. Pour la vie. Il a dit Oui et c’est une autre façon de s’aimer. »

La Rentrée Littéraire 2013 aura été pour moi l’occasion de découvrir une auteur dont j’ai beaucoup entendu parler, mais sur laquelle je n’avais jamais pris le temps de me pencher : Jeanne Benameur. Avec une première de couverture et un titre aussi poétique, il faut bien avouer qu’avant même d’ouvrir son roman je partais conquise, mais j’étais loin d’imaginer le pouvoir que ses mots auraient sur moi.

Nous sommes au début des années 1970, Judith use les bancs de l’université sans réelle envie, ni motivation jusqu’au jour où, un peu par hasard, au détour d’une assemblée générale, sa route croise celle d’Alain, deux ans son aîné et profondément engagé dans la lutte étudiante. Au contact du jeune homme, Judith va se réveiller et se révéler, laissant derrière elle la fillette renfermée qu’elle était.

Étrangement, je suis restée très en retrait de cette histoire, ne développant aucune empathie pour les deux protagonistes de cette narration et ne m’intéressant que de loin à la romance qu’ils commencent à vivre. Peut-être parce qu’à mes yeux le roman est trop court, et que tout s’y enchaîne vraiment trop rapidement, pour emporter totalement mon adhésion sur le fond. Mais si je n’ai pas été transportée par les personnages, je me suis pris le style de l’auteur en plein cœur. Définitivement, la grande force de Pas assez pour faire une femme réside dans sa forme, dans la plume de Jeanne Benameur, dans le poids de ses mots et dans la manière toute particulière qu’ils ont de raisonner en nous. Elle décrypte de façon intime et très personnelle la naissance du sentiment amoureux, couplée à la renaissance d’une femme. Elle transcende les petits riens prosaïques du quotidien, boire du vin à la bouteille, écouter l’autre lire à haute voix, se blottir tout contre son corps nu, en moments chargés d’émotions et de poésie. Des moments précieux, qu’il nous faut préserver. Elle dissèque les pensées, construites mais spontanées, de son personnage féminin avec beaucoup de douceur et de finesse, même quand il s’agit de nous parler des ces lacs sombres qui croupissent sous nos surfaces lisses et nos masques paisibles.

Je n’ai pas dévoré le roman, je l’ai distillé pour en savourer chaque mot, chaque phrase, avec ce léger pincement au cœur, celui qui fait que l’on sait que l’auteur appuie là où ça fait mal. Et c’est peut-être pour ça finalement que je n’ai pas adhéré totalement à la narration, tout simplement trop obsédée par ma propre histoire. Mais c’est sincèrement envoûtée par la prose de Jeanne Benameur que j’ai refermé le roman, avec pour principal regret que Pas assez pour faire femme ne fasse que 96 pages…

Les avis de Cristie, Deuzenn Jérôme, LeiloonaMoka, Noukette, et Stéphie.

Rentrée Littéraire 2013

J’ajoute un titre au Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013 de chez Hérisson.

3/6

Pas assez pour faire une femme – Jeanne Benameur

19 avis sur « Pas assez pour faire une femme – Jeanne Benameur »

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