Skandalon - Julie Maroh

« Ce que je mets dans mes partitions, ce sont mes tripes, mes sentiments. Le démon qui m’habite est le même qui circule dans le sang de chacun, voilà pourquoi tout le monde se reconnaît en moi et ma musique. La différence… c’est que moi je cède à mes passions. »

Julie Maroh et moi, c’est une suite de rendez-vous manqués depuis maintenant plus de trois semaines… J’ai tout d’abord dû renoncer à l’avant-première de l’adaptation cinématographique du Bleu est une couleur chaude, en présence du réalisateur Abdellatif Kechiche, puis je suis passée à côté d’une première rencontre avec l’auteur et illustratrice sur Amiens et d’une seconde rencontre et là je n’ai vraiment aucune excuse sur Lille. Enfin, alors que la semaine dernière j’avais pris la bonne résolution de consacrer mon mercredi BD à Skandalon, j’ai découvert un joli billet de Diglee qui a contrarié mes plans. Aujourd’hui, il est enfin temps de régulariser la situation…

Skandalon - Julie Maroh 02

Tazane est une icone, une idole, un demi dieu. Les foules l’acclament, les salles de concerts et autres festivals se l’arrachent, mais lui, pourriture infinie, plane au dessus de toute cette agitation. Drogué, égocentrique, égoïste, profiteur, profanateur, provocateur, violeur, et j’en passe, il se moque des autres, du monde, cultive les scandales et détruit tout ce qu’il touche. Au fil des chapitres de Skandalon, nous suivrons sa déchéance au sein d’un monde qui le vénère, mais ne le comprend pas…

Je dois bien avouer que le dernier Julie Maroh m’aura laissée perplexe. D’une part esthétiquement, je ne partais pas spécialement convaincue, les illustrations de Skandalon étant plus brouillonnes et moins poétiques que celles du Bleu est une couleur chaude. Mais au fur et à mesure des pages, j’ai réalisé que la force de ces dessins était d’être en parfaite adéquation avec le sujet qu’ils illustrent, les personnages bouillonnent, les couleurs brûlent et c’est toute la bande dessinée qui s’enflamme entre nos mains. Et contre toute attente, graphiquement Julie Maroh m’a apprivoisée, puis séduite.

En revanche, et alors que je n’émettais à la base aucun doute concernant la narration, c’est pourtant à ce niveau là que j’ai été profondément déçue. Si je comprends la démarche de l’auteur d’introduire une rock star, déité moderne, et de l’associer aux divinités gréco-romaines afin de nous présenter une véritable tragédie, doublée d’une réflexion sur la société qui nous entoure, j’ai trouvé que d’une manière générale et à l’image du personnage principal, on n’allait nulle part. Qu’on naviguait entre les différentes parties de cette histoire comme on voguerait sur le Styx, sans apercevoir notre destination, en se demandant si finalement on finira par trouver un point d’ancrage. D’un scandale à l’autre, d’horreur en monstruosité, mais où va-t-on ? Où tout cela nous mène-t-il ? Et malheureusement je n’ai toujours pas trouvé la réponse… S’agit-il d’un manque de fond ? D’une réflexion trop courte ? Je ne parviens pas à mettre le doigt dessus. Et si quelques planches m’ont gravement interpellée, j’ai trouvé que globalement ce roman graphique était vain et j’en suis la première attristée…

Et puisque Julie Maroh met les mots, je ne me prive pas d’une petite citation au passage pour celui qui aura été mon Tazane : « Tu ne vas jamais t’excuser pour tout ça, hein ? »

Les avis plus enthousiastes de Mo’ et de Moka.

Rentrée Littéraire 2013

J’ajoute un titre au Challenge 1% Rentrée Littéraire 2013 de chez Hérisson.

2/6

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12/20 pour le top de Yaneck

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Skandalon – Julie Maroh
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11 avis sur « Skandalon – Julie Maroh »

  • 23 octobre 2013 à 8 h 38 min
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    Et oui, je pense que Tazane va mettre mal à l’aise de nombreux lecteurs. Ton ressenti ne m’étonne pas, je suis passée par tous les états pendant la lecture. Après, il est entier et déterminé à n’aller que dans la direction qu’il a choisie. En cela, c’est un point commun qu’il a avec Clem’ (“Le bleu…”) sauf que lui ne respecte aucune convention et qu’il est complètement amoral

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    • 23 octobre 2013 à 19 h 10 min
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      Disons qu’en plus d’avoir un personnage très antipathique, je trouve que la BD n’est pas réellement aboutie, et c’est ça qui me dérange le plus. Mais je suis aussi passée par tous les états en lisant Skandalon

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  • 23 octobre 2013 à 9 h 00 min
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    Difficile de rester au niveau après “Le bleu”. Déjà que le sujet de cet album me tentait moyennement. Je vais passer sans regret.

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    • 23 octobre 2013 à 19 h 11 min
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      Pas du tout tenté ? Malgré les avis positifs de Mo’ et Moka ?

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    • 23 octobre 2013 à 23 h 08 min
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      Il y a quand même quelques qualités pourtant. Bonne soirée 😉

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    • 27 octobre 2013 à 23 h 16 min
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      Je suis contente de trouver quelqu’un qui ait également une réserve sur le dernier Julie Maroh, j’ai l’impression que globalement tout le monde est emballé…

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