« C’est à cause de moi que tu fuis et que tout est tâché de sang autour de toi. Je suis ton malheur Jason. Je suis ta jeunesse perdue, ton foyer dispersé, ta vie errante, ta solitude, ton mal honteux. Je suis tous les sales gestes et toutes les sales pensées. Je suis l’orgueil, l’égoïsme, la crapulerie, le vice, le crime. »

Il y a des lectures dont on ne ressort pas indemne, des récits où les mots nous blessent, nous emportent, nous bouleversent et nous rongent. Médée d’Anouilh fait à mon sens partie de ces moments là de la littérature que seuls quelques rares auteurs savent procurer à leurs lecteurs.

J’ai lu beaucoup de théâtre étant plus jeune, une foule de Shakespeare et une multitude de Molière, mais je dois bien avouer que depuis quelque temps c’est un genre littéraire que je délaissais volontairement, par peur, je pense, que l’absence de narration ne restreigne mon émotion. Comme j’avais tort…

Ce sont finalement les avis dithyrambiques de Moka et de Deuzenn qui m’ont poussée à acheter le livre il y a quelques mois. Merci à elles.

Lorsque s’ouvre la pièce Jason est sur le point d’épouser Créuse, la fille du roi de Corinthe. C’est sur la rupture douloureuse entre Jason et Médée, et la vengeance cruelle de cette dernière qu’Anouilh décide d’orienter son texte.

Médée est une héroïne tragique qui me bouleverse, une femme capable de trahir son père et de tuer son frère pour l’amour d’un homme qui finira par la rejeter, un être passionné, fait de démesure, d’excès, contaminé par la folie, une de celles qui préfèrent mourir que de céder à toute forme de compromis. Et à l’instar de ses mots, ses actes seront violents et sans pitié.

Amour passionnel, rupture destructrice, guerre d’ego, trahison, tromperie, sont les thèmes de ce mythe, des thèmes qui me sont particulièrement chers et qu’Anouilh reprend pour proposer une relecture moderne de la séparation de ces deux personnages antiques.

Sans pour autant excuser son héroïne, il rend sa peine et sa rage communicatives, faisant ainsi de Médée une pièce profondément viscérale qui prend le lecteur aux tripes pour ne plus jamais le lâcher.

Et j’ajoute avec Médée de Jean Anouilh un titre à la catégorie Un Classique du Challenge Amoureux – Saison 2 de la charmante Irrégulière :

01 – Un Classique ✓

02 – Un livre dont le titre contient le mot amour ou amoureux

03 – Une histoire d’amour fantastico-ésotérique

04 – Un livre de chick-litt, une comédie romantique ✓

05 – Un texte érotique 

06 – La catégorie libre ✓

Médée – Jean Anouilh
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